La peinture de Nicolas Chardon introduit le réel et la vie dans les motifs abstraits suprématistes, dont il s’émancipe avec humour par le support. Ici pas de toile, mais des tissus triviaux (madras, vichy), quadrillés et bien droits à l’origine, subissent les déformations liées aux clouages sur les châssis. Les carrés abstraits peints ensuite y prennent alors leur place déformée.
L'exposition "Systèmes" est une présentation assez ouverte et générale sur le travail de Nicolas Chardon. Un peu dans l'esprit d'un abécédaire, l'artiste nous dévoile des oeuvres issues de plusieurs séries emblématiques de son travail de peinture, anciennes et récentes.
Systèmes, notes / Nicolas Chardon
Sur le plan pratique, un "système" de peinture désigne l'ensemble des couches de peinture nécessaires pour couvrir et protéger un support déterminé.
Sur le plan conceptuel, on appelle "système" un ensemble abstrait dont les éléments sont coordonnés par une théorie.
Je propose de réunir ces 2 "systèmes", de relire à l'aune de ces acceptions l'histoire de la peinture, et d'en tirer quelques conclusions pour aujourd'hui.
Le système fût d'abord primordial chez les pionniers de l'abstraction, puis programmatique pour la génération des années 60, et enfin on le dira génétique en ce début de siècle, attaché en ce qui me concerne aux "tissus" de la peinture.
C'est la fabrication matérielle du tableau (tendre une toile sur un châssis) qui guide le peintre et produit des figures radicalement picturales, qui ne peuvent exister que là - à la surface du tableau - et dans ces conditions.
Je suis de ces peintres qui peignent la peinture, attendu qu'elle n'est autre qu'un système de systèmes.
"Systèmes", première exposition personnelle de Nicolas Chardon à la galerie Oniris ; à découvrir du vendredi 29 septembre au samedi 25 novembre 2023