Carole Rivalin : quand le jeu devient un moteur de création à la Galerie de Rohan
Exposition « Ludique et poétique » — Du 8 mai au 31 octobre 2026
À la Galerie de Rohan, à Landerneau, l’exposition Ludique et poétique réunit cinq artistes autour d’une question essentielle : comment le jeu peut-il devenir une source d’inspiration et un véritable moteur de création artistique ? Du 8 mai au 31 octobre 2026, les œuvres de Carole Rivalin, Arthur Lambert, Karina Bisch, Patrice Carré et Jean-Yves Brélivet invitent le public à explorer un univers où l’expérimentation, l’humour et la poésie se rencontrent. Parmi ces démarches singulières, celle de Carole Rivalin retient particulièrement l’attention par son rapport aux règles, aux protocoles et aux possibilités inattendues que recèlent les objets et les contextes du quotidien.
Carole Rivalin : explorer les règles pour révéler l’inattendu
Au cœur du travail de Carole Rivalin se trouve une démarche expérimentale qui consiste à observer un environnement, un support ou une situation, puis à lui appliquer un protocole précis. À partir de ces contraintes initiales, l’artiste met en évidence des propriétés insoupçonnées et ouvre de nouvelles perspectives sur ce qui nous entoure.
La règle n’est donc pas une limite qui entraverait la création. Elle constitue au contraire un point de départ, un cadre à partir duquel peuvent apparaître des formes, des associations ou des situations inattendues. En définissant un ensemble de conditions, Carole Rivalin transforme l’expérimentation en un processus artistique qui laisse une place essentielle à la découverte.
Cette approche entretient un lien étroit avec la notion de jeu. Jouer, c’est accepter des règles, en éprouver les possibilités, en explorer les limites et parfois en détourner les usages. De la même manière, le travail de Carole Rivalin invite à considérer les protocoles comme des outils d’exploration, capables de transformer notre perception d’un objet ou d’un espace.
L’intérêt de sa démarche réside également dans la tension entre rigueur et liberté. Si le protocole définit un cadre, il ne détermine pas nécessairement toutes les conséquences de l’expérience. La création se développe ainsi dans un espace ouvert, où la méthode peut faire émerger des résultats imprévus. Cette façon d’aborder l’art encourage le spectateur à porter un regard neuf sur les choses familières et à s’interroger sur les mécanismes qui organisent notre rapport au monde.
Le jeu : un espace de liberté entre art et vie
Avec Ludique et poétique, la Galerie de Rohan propose une réflexion sur les multiples relations entre l’art et le jeu. Loin de se limiter au divertissement, le jeu apparaît comme un moyen d’expérimenter, de déplacer les habitudes et de remettre en question les règles établies.
Cette dimension se manifeste différemment chez chacun des cinq artistes présentés. Chez Carole Rivalin, elle prend notamment la forme de protocoles qui structurent l’expérimentation. Chez Arthur Lambert, elle se traduit par la construction de compositions géométriques qui organisent le chaos et mettent à l’épreuve la perception du spectateur, entre figuration et abstraction.
Ces deux démarches montrent combien la contrainte peut devenir féconde. Une règle simple, une structure ou un système peuvent générer une grande diversité de résultats et ouvrir un champ d'exploration bien plus vaste que ne le laisserait supposer leur apparente rigueur.
L’exposition souligne ainsi une idée fondamentale : la création artistique n’est pas nécessairement synonyme de liberté absolue. Elle peut aussi naître d’un cadre défini, d’une consigne ou d’une méthode, dès lors que l’artiste parvient à en explorer les potentialités.
Cinq artistes, cinq façons de jouer avec la création
Autour de Carole Rivalin, quatre autres artistes enrichissent cette réflexion en proposant des approches complémentaires du jeu, de l’imaginaire et de l’histoire de l’art.
→ Arthur Lambert : entre géométrie et perception
Arthur Lambert construit ses peintures à partir de structures géométriques élaborées. L’organisation des formes lui permet de composer avec le désordre et de créer des équilibres visuels qui interrogent la perception. Entre figuration et abstraction, ses œuvres invitent le regard à circuler, à établir des correspondances et à reconsidérer ce qu’il croit reconnaître.
→ Karina Bisch : réinventer les formes de l’histoire de l’art
Karina Bisch développe une pratique polymorphe, nourrie par une grande diversité de matériaux et de techniques. Son travail s’appuie sur l’histoire de l’art moderne, dont elle reprend et transforme les formes, les codes et les procédés. Cette réappropriation, portée par une sensibilité contemporaine, fait dialoguer références historiques et liberté d’invention.
→ Patrice Carré : l’humour comme moyen de réappropriation
Chez Patrice Carré, l’humour occupe une place importante. Son admiration pour certaines figures majeures de l’histoire de l’art s’accompagne d’un regard décalé qui invite à reconsidérer des œuvres parfois devenues intouchables. En jouant avec les références et les représentations consacrées, l’artiste ouvre la voie à une relation plus libre et personnelle au patrimoine artistique.
→ Jean-Yves Brélivet : des sculptures animales aux accents de fable
Jean-Yves Brélivet inscrit son travail dans une tradition qui rappelle celle des fabulistes. Ses sculptures animalières séduisent par leur dimension enjouée, tout en portant un regard critique sur le monde contemporain. Derrière l’apparente légèreté des formes se dessinent des préoccupations plus profondes, comme autant de signaux d’alerte face aux déséquilibres de notre époque.
Une exposition entre légèreté et profondeur
La singularité de Ludique et poétique tient à sa capacité à associer des pratiques artistiques différentes autour d’une même idée : le jeu peut être un moyen de comprendre, de questionner et de transformer notre environnement.
La légèreté qui traverse les œuvres ne signifie jamais l’absence de réflexion. Elle constitue plutôt une manière d’aborder des sujets complexes en laissant place à la curiosité, à l’imagination et à l’expérience sensible. L’humour, les règles, les formes géométriques, les références historiques ou les figures animales deviennent autant de portes d’entrée vers une réflexion sur notre rapport à l’art et à la vie.
Dans ce contexte, le travail de Carole Rivalin occupe une place particulièrement intéressante. En s’appuyant sur des protocoles et des contraintes spécifiques, l’artiste montre que la création peut surgir d’une observation attentive du réel et d’une expérimentation méthodique. Sa démarche rappelle que le jeu n’est pas seulement une activité spontanée : il peut aussi constituer une méthode de recherche, un outil pour révéler l’inattendu et une façon de renouveler notre regard.
L’exposition invite ainsi les visiteurs à dépasser une approche purement contemplative des œuvres. Regarder devient une expérience active, qui suppose de chercher des relations, de repérer des règles, de se laisser surprendre et d’accepter que le sens se construise progressivement.
La Galerie de Rohan : un lieu de découverte de l’art contemporain
Située au cœur de Landerneau, la Galerie de Rohan propose avec cette exposition un parcours accessible à tous les publics, où la diversité des pratiques artistiques nourrit une réflexion commune. Le commissariat de Catherine Elkar accompagne cette rencontre entre cinq univers singuliers, réunis par leur capacité à faire du jeu un espace d’invention et de questionnement.
Pour les amateurs d’art contemporain comme pour les visiteurs désireux de découvrir des démarches artistiques originales, Ludique et poétique offre l’occasion d’explorer des œuvres qui conjuguent expérimentation, sensibilité et liberté.
Le travail de Carole Rivalin y apporte un éclairage particulier sur la manière dont une règle peut devenir un outil de création. En transformant les contraintes en possibilités, l’artiste révèle la richesse d’une démarche où la rigueur du protocole n’exclut jamais la surprise.
Du 8 mai au 31 octobre 2026, l’exposition Ludique et poétique à la Galerie de Rohan invite à découvrir cinq façons singulières de faire dialoguer art et jeu, avec une attention particulière portée à l’expérimentation de Carole Rivalin. Une proposition qui rappelle que jouer, créer et regarder sont autant de manières d’explorer librement le monde qui nous entoure.
Informations pratiques
- Exposition : Ludique et poétique
- Dates : du 8 mai au 31 octobre 2026
- Artistes : Carole Rivalin, Arthur Lambert, Karina Bisch, Patrice Carré et Jean-Yves Brélivet
- Commissariat : Catherine Elkar
- Lieu : Galerie de Rohan
- Adresse : 9 place Saint-Thomas, 29800 Landerneau
- Téléphone : 02 56 31 28 15
