Immersion, La collection du Frac Bretagne du sol au plafond

FRAC BRETAGNE - Rennes

Immersion au Frac Bretagne : les artistes de la galerie Oniris au cœur d’une collection, du sol au plafond

Du 6 novembre 2026 au 23 mai 2027, le Frac Bretagne à Rennes dévoile près de 300 œuvres dans un accrochage spectaculaire, du sol au plafond. Avec Immersion – La collection du Frac Bretagne du sol au plafond, une vaste opération de rénovation des réserves devient l’occasion de découvrir autrement plusieurs décennies de création artistique. Une exposition qui invite à regarder les œuvres sans hiérarchie préétablie, à se laisser surprendre par leurs correspondances et à explorer librement la richesse d’une collection publique.

Pour la galerie Oniris, implantée à Rennes depuis 1986, cette manifestation offre également l’opportunité d’évoquer les artistes dont les parcours ont croisé son histoire : François Morellet, Vera Molnar, Aurélie Nemours, François Perrodin, Julije Knifer, Marie-Thérèse Vacossin, Gottfried Honegger, Nicolas Chardon, Geneviève Asse, Christian Bonnefoi, Claude Viallat, Didier Mencoboni, Bruno Rousselot, Jean-Philippe Lemée, François Dilasser, Pierre Galopin et Nikolas Fouré.

Leurs recherches artistiques, qui traversent l’abstraction géométrique, la couleur, la lumière, le geste, la matière et les possibilités de la peinture, constituent autant de pistes pour comprendre la diversité de l’art contemporain. À cette histoire artistique s’ajoute une dimension architecturale : le bâtiment conçu par Odile Decq participe lui aussi à l’expérience de la visite, dans un dialogue entre les œuvres, l’espace et le regard du public.

 

Une collection dévoilée du sol au plafond

Comment présenter une collection lorsque les œuvres qui la composent doivent temporairement quitter leur réserve ? Le Frac Bretagne a choisi de faire de cette contrainte une occasion exceptionnelle de partage.

Piloté par la Région Bretagne, le réaménagement de la réserve des peintures vise à améliorer les conditions de conservation et de sécurité des œuvres. Ce chantier d’ampleur nécessite une vaste opération de transfert vers d’autres espaces.

Dès le 6 novembre 2026, la grande galerie accueille ainsi une partie importante de la collection, constituée depuis les années 1980 : près de 300 œuvres se côtoient dans un accrochage dense, bord à bord, du sol au plafond.

Le résultat prend la forme d’un « désordre très ordonné ». Les œuvres ne sont pas présentées selon une chronologie stricte, une classification par mouvements artistiques ou une hiérarchie fondée sur leur notoriété. Les formats et l’espace disponible sur les murs déterminent leur disposition, ouvrant la voie à des associations visuelles inattendues.

Une composition géométrique peut répondre à une peinture gestuelle. Une couleur semble prolonger celle d’une œuvre voisine. Une forme abstraite entre en résonance avec une image issue d’un tout autre univers.

Cette scénographie bouleverse les habitudes de visite et invite chacun à construire son propre parcours. Le regard circule librement, découvre des affinités, s’arrête sur un détail ou revient sur une œuvre qui avait échappé à la première observation.

L’exposition ne cherche pas à imposer une lecture unique de la collection : elle propose un terrain de découvertes où les rapprochements se construisent au fil de la déambulation.

 

Oniris et le Frac Bretagne : deux acteurs de la création contemporaine à Rennes

Depuis sa création en 1986, la galerie Oniris contribue à la diffusion de l’art contemporain à Rennes en présentant des artistes aux démarches singulières. Son histoire croise celle de nombreuses recherches qui ont renouvelé la peinture, l’abstraction et notre perception des formes et des couleurs.

François Morellet, Vera Molnar, Aurelie Nemours, Gottfried Honegger et Julije Knifer permettent notamment d’aborder les différentes voies de l’abstraction géométrique. Marie-Thérèse Vacossin, Geneviève Asse, Bruno Rousselot et Didier Mencoboni invitent à approfondir les relations entre couleur, lumière et perception. Christian Bonnefoi, Claude Viallat et Nicolas Chardon interrogent, chacun à sa manière, les conventions de la peinture, sa matérialité et ses procédés de construction.

Les parcours de François Perrodin, Jean-Philippe Lemée, François Dilasser, Pierre Galopin et Nikolas Fouré élargissent encore cette perspective, en témoignant de la diversité des langages plastiques et des façons d’aborder l’image, la surface et l’espace.

Le rapprochement entre ces artistes et Immersion constitue une invitation à découvrir les correspondances possibles entre différentes démarches artistiques. Il ne signifie toutefois pas que toutes leurs œuvres figurent nécessairement dans l’accrochage de l’exposition.

Galerie et institution publique participent ainsi, chacune selon sa mission, à la vitalité du paysage artistique rennais. La première accompagne les parcours d’artistes et favorise leur rencontre avec les publics ; la seconde constitue une collection, la conserve, la fait circuler et la rend accessible au plus grand nombre.

 

François Morellet, Vera Molnar et Gottfried Honegger : l’ordre, le système et la liberté

L’abstraction géométrique occupe une place importante dans l’histoire de l’art contemporain. Elle permet d’explorer les possibilités d’un langage fondé sur des formes élémentaires, des lignes, des grilles et des rapports de couleurs.

Chez François Morellet, les systèmes et les règles deviennent des instruments d’expérimentation. L’artiste introduit volontiers le hasard, les perturbations et l’humour dans des compositions qui semblent d’abord obéir à un ordre rigoureux. La géométrie devient ainsi un espace de jeu, où la méthode peut produire des résultats inattendus.

Vera Molnar, pionnière de l’art construit et de l’art numérique, explore elle aussi les limites des systèmes géométriques. À partir de formes simples, elle introduit des variations, des décalages et de légères irrégularités qui transforment progressivement la perception de l’image.

Gottfried Honegger, figure majeure de l’art concret, développe une recherche fondée sur la rigueur des formes et l’autonomie du langage plastique. Ses compositions interrogent les relations entre structure, couleur et perception, en invitant le regard à considérer chaque élément pour lui-même et dans son rapport à l’ensemble.

Ces trois démarches montrent que la géométrie ne se réduit pas à la recherche d’un ordre parfait. Elle permet d’interroger les relations entre règle et intuition, répétition et différence, construction et liberté.

Dans un accrochage aussi dense qu’Immersion, ces questions prennent une résonance particulière : les structures, les rythmes et les formes peuvent entrer en dialogue au-delà des classifications traditionnelles.

 

Aurelie Nemours et Marie-Thérèse Vacossin : la couleur comme expérience

Chez Aurelie Nemours, la peinture repose sur une recherche rigoureuse autour de la géométrie, des verticales, des horizontales et de l’organisation de l’espace. Ses compositions invitent à observer les équilibres entre les formes, les intervalles et les couleurs.

Marie-Thérèse Vacossin explore également les possibilités de l’abstraction à travers les interactions chromatiques et la perception. Les relations entre les couleurs créent des vibrations visuelles, des contrastes et des harmonies qui se révèlent progressivement au regard.

Dans ces démarches, la couleur ne constitue pas un simple élément décoratif. Elle participe pleinement à la construction de l’œuvre, modifie la perception des formes et transforme notre expérience de la surface picturale.

Ces recherches trouvent un prolongement intéressant dans l’esprit d’Immersion. Lorsque les œuvres se côtoient sans séparation thématique stricte, les couleurs se répondent d’un tableau à l’autre et produisent de nouvelles relations visuelles. Le regard découvre des harmonies inattendues, mais aussi des contrastes qui renforcent la singularité de chaque composition.

 

Julije Knifer, Nicolas Chardon et Claude Viallat : renouveler les règles de la peinture

Julije Knifer est notamment connu pour son motif du méandre, repris et transformé au fil de son parcours. Cette forme récurrente devient un moyen d’interroger le rythme, la durée et les possibilités d’une structure réduite à l’essentiel.

Nicolas Chardon revisite les codes de l’abstraction géométrique en introduisant des décalages et des perturbations dans des compositions qui semblent régulières. Les tensions entre le motif, le support et la surface viennent remettre en question la stabilité apparente de la peinture.

Claude Viallat, figure majeure du mouvement Supports/Surfaces, a profondément renouvelé la réflexion sur le tableau en remettant en question ses conventions traditionnelles. Son travail accorde une importance essentielle au support, au tissu, à la répétition d’un motif et aux propriétés matérielles de la peinture. La toile ne se limite plus à une surface destinée à recevoir une image : elle devient un élément constitutif de l’œuvre.

Ces trois artistes, malgré des démarches distinctes, montrent que la peinture peut constamment réinventer ses propres règles. Une forme répétée, un motif ou un support ne sont jamais définitivement épuisés : ils peuvent devenir le point de départ de nouvelles recherches.

L’accrochage d’Immersion offre précisément la possibilité de découvrir ces correspondances, en mettant en présence des œuvres qui dépassent les frontières habituelles entre mouvements artistiques et catégories esthétiques.

 

Christian Bonnefoi, Bruno Rousselot et Didier Mencoboni : la peinture en question

La peinture contemporaine ne cesse d’interroger ses propres moyens. Le support, la surface, la matière, le geste et les procédés de construction deviennent des éléments essentiels de la recherche artistique.

Christian Bonnefoi explore notamment les relations entre support et image, ainsi que les possibilités du collage et de la stratification. Son travail invite à considérer le tableau comme un espace de construction et de transformation, dans lequel les éléments se superposent et s’organisent en de nouvelles relations visuelles.

Bruno Rousselot développe une recherche autour de la couleur, de la perception et de la structuration de l’espace pictural. Ses compositions permettent d’observer comment les formes et les rythmes chromatiques construisent progressivement l’expérience du tableau.

Didier Mencoboni interroge les possibilités de la peinture abstraite à travers des recherches qui accordent une place importante à la couleur, aux motifs et à leurs variations. La répétition devient un moyen de produire des différences, de faire évoluer les formes et de transformer la perception.

Ces démarches rappellent que la peinture reste un champ d’expérimentation ouvert. Loin d’être un langage figé, elle continue de se renouveler en interrogeant ses matériaux, ses conventions et les habitudes visuelles du spectateur.

Dans Immersion, la proximité des œuvres permet d’aborder ces questions sous un angle nouveau. Les tableaux se répondent par leurs formes, leurs couleurs ou leurs procédés, révélant des affinités qui ne seraient pas nécessairement apparues dans un accrochage plus conventionnel.

 

Geneviève Asse et François Dilasser : la lumière, la matière et le geste

L’œuvre de Geneviève Asse se distingue par une recherche sensible sur la couleur, notamment le bleu, et sur les relations entre lumière, espace et surface. Ses peintures invitent à une observation attentive des nuances, des transparences et des passages subtils entre les plans.

François Dilasser développe un univers pictural singulier, marqué par la liberté du geste, des formes organiques et des figures imaginaires. Son travail témoigne d’une relation intense à la matière et d’une grande liberté d’invention.

Leurs démarches, très différentes, illustrent la diversité des expériences picturales contemporaines. D’un côté, une peinture qui explore la lumière et la profondeur à travers des variations subtiles ; de l’autre, un langage où le geste et la matière ouvrent sur un univers expressif et imaginaire.

Ces approches invitent à dépasser l’opposition trop simple entre abstraction géométrique et peinture gestuelle. Elles montrent que la couleur, la matière et la perception peuvent donner naissance à des univers profondément singuliers.

L’année 2026 marque par ailleurs le centenaire de la naissance de François Dilasser. Le Frac Bretagne annonce une présentation consacrée à des œuvres de l’artiste issues de sa collection, du 6 novembre 2026 au 31 janvier 2027. Cette initiative constitue un prolongement particulièrement intéressant pour découvrir ou redécouvrir son travail dans le contexte artistique régional.

 

François Perrodin, Jean-Philippe Lemée, Pierre Galopin et Nikolas Fouré : une pluralité de langages

Les artistes François Perrodin, Jean-Philippe Lemée, Pierre Galopin et Nikolas Fouré complètent ce panorama des démarches dont les parcours ont croisé celui de la galerie Oniris.

Leurs univers permettent d’élargir la réflexion sur les différentes manières d’aborder la peinture, l’image et la construction plastique. Ils rappellent qu’il n’existe pas une seule façon d’interroger l’espace ou la surface, mais une pluralité de recherches qui se développent au fil des expériences et des expérimentations.

Dans le contexte d’Immersion, cette diversité invite à regarder au-delà des catégories habituelles. Le visiteur peut suivre une couleur, comparer des formes, observer les rapports entre les matières ou découvrir une affinité entre deux œuvres éloignées par leur contexte de création.

L’accrochage devient ainsi un espace de découverte active. Chaque rapprochement peut faire naître une nouvelle lecture, chaque œuvre étant envisagée à la fois pour sa singularité et pour les relations qu’elle entretient avec les autres.

 

Odile Decq : une architecture qui prolonge l’expérience artistique

L’expérience d’Immersion ne se limite pas aux œuvres présentées dans la grande galerie. Elle s’inscrit dans un bâtiment qui participe lui-même à la découverte de l’art contemporain.

Depuis 2012, le Frac Bretagne est installé dans un édifice conçu par l’architecte Odile Decq, au cœur du parc de Beauregard, à Rennes. Le bâtiment accueille les espaces d’exposition, de conservation, de documentation et de rencontre avec les publics.

Son architecture associe notamment béton, acier inoxydable et verre. Les perspectives, les circulations et les passerelles structurent une expérience dynamique du lieu, invitant le visiteur à découvrir progressivement les espaces et à multiplier les points de vue.

Le bâtiment ne constitue donc pas un simple contenant destiné à accueillir les œuvres. Il participe à leur perception, en engageant le corps dans la découverte de l’espace et en modifiant constamment les perspectives. Ce dialogue entre architecture et création artistique se prolonge dans le parc avec L’Alignement du XXIe siècle, œuvre monumentale d’Aurélie Nemours. L’ensemble invite à envisager le site comme un lieu où les œuvres, l’architecture et le paysage se répondent. Pour les amateurs de la galerie Oniris, cette dimension ajoute une autre lecture à la visite : celle d’un territoire où les institutions, les artistes et les espaces d’exposition contribuent ensemble à la vitalité de la création contemporaine.

 

Deux saisons pour découvrir autrement la collection

L’exposition Immersion se déploie en deux saisons, chacune mettant en lumière une dimension particulière du projet du Frac Bretagne.

 

→ Première saison : du 6 novembre 2026 au 31 janvier 2027

La première saison met en évidence la multiplicité des partenariats de l’institution, son ancrage régional et son identité nomade.

Elle rappelle que la collection se construit au fil des échanges entre artistes, structures culturelles et territoires. Elle témoigne également de la volonté du Frac de faire circuler les œuvres et de maintenir un dialogue constant avec les acteurs culturels de Bretagne.

Cette période est notamment marquée par le centenaire de François Dilasser et par d’autres propositions permettant d’explorer les relations entre le Frac Bretagne et les structures artistiques du territoire.

 

→ Seconde saison : du 2 février au 23 mai 2027

La seconde saison met à l’honneur les pratiques amateures et les dispositifs participatifs. Elle souligne l’importance accordée aux projets qui permettent aux publics de prendre part à la vie artistique et culturelle.

Tout au long des deux saisons, les visiteurs pourront s’installer dans des espaces de discussion, regarder un film, consulter une borne interactive pour retrouver l’identité des œuvres et découvrir des pistes de lecture et d’écoute proposées par le Frac.

La visite devient ainsi un moment de partage et d’exploration personnelle. Chacun peut prendre le temps de regarder, de comparer et de revenir sur les œuvres qui ont retenu son attention.

 

Une collection publique qui appartient à toutes et tous

Au-delà de son ampleur visuelle, Immersion rappelle une mission essentielle du Frac Bretagne : rendre la création contemporaine accessible et faire vivre une collection publique au-delà de ses réserves.

Le chantier de rénovation devient l’occasion de partager avec le public des œuvres habituellement moins visibles. La contrainte technique se transforme en proposition culturelle, favorisant la curiosité, la rencontre et la découverte.

Pour les visiteurs familiers de la galerie Oniris, cette exposition constitue également une invitation à réfléchir aux démarches de François Morellet, Vera Molnar, Aurélie Nemours, François Perrodin, Julije Knifer, Marie-Thérèse Vacossin, Gottfried Honegger, Nicolas Chardon, Geneviève Asse, Christian Bonnefoi, Claude Viallat, Didier Mencoboni, Bruno Rousselot, Jean-Philippe Lemée, François Dilasser, Pierre Galopin et Nikolas Fouré.

Leurs recherches, envisagées à travers les questions de géométrie, de couleur, de lumière, de matière et de perception, témoignent de la richesse des langages de l’art contemporain. Associées à l’architecture d’Odile Decq, elles permettent d’élargir la réflexion à la manière dont les œuvres s’inscrivent dans un lieu et rencontrent leur public.

Du 6 novembre 2026 au 23 mai 2027, Immersion – La collection du Frac Bretagne du sol au plafond invite à découvrir une collection vivante, à explorer les résonances entre les œuvres et à porter un regard renouvelé sur la création contemporaine à Rennes.

Une exposition à visiter, puis à revisiter, pour prendre le temps de découvrir les richesses d’un patrimoine artistique partagé.

 


 

Informations pratiques

  • Exposition : Immersion – La collection du Frac Bretagne du sol au plafond
  • Dates : du 6 novembre 2026 au 23 mai 2027
  • Première saison : du 6 novembre 2026 au 31 janvier 2027
  • Seconde saison : du 2 février au 23 mai 2027
  • Lieu : Frac Bretagne
  • Adresse : 19 avenue André Mussat, 35000 Rennes
  • Site officiel : www.fracbretagne.fr
06.11.2026 → 23.05.2027